dimanche 28 décembre 2008

Comme le Hezbollah en 2006, le Hamas dénonce la riposte israélienne disproportionnée


Khaled Asmar - Beyrouth
MédiArabe.Info

Moussa Abou Marzouk affirme que le temps d’éradiquer le Hamas est révolu




En 2006, le Hezbollah affirmait que "l’entité sioniste" préparait une vaste opération au Liban, en octobre, pour justifier son opération du 12 juillet, déclenchant la guerre de 33 jours. Aujourd’hui, le Hamas adopte la même stratégie.

Le Hamas dénonce les raids israéliens « disproportionnés », et déplore « la violence de Tsahal en riposte à quelques missiles tirés depuis Gaza ». Moussa Abou Marzouk, vice-président du bureau politique du Hamas réfugié en Syrie, a été interrogé cette nuit par la télévision « Al Arabiya » (émission Panorama). Comme Hassan Nasrallah en juillet 2006, il a défendu l’idée selon laquelle « Tsahal prétexte les tirs de roquettes pour tenter d’éradiquer le Hamas et d’anéantir toute résistance », sans pour autant expliquer pourquoi le Hamas donnait sciemment l’occasion à Tsahal d’accomplir son scénario ?

Cependant, Abou Marzouk reste confiant, affirmant que « le temps d’éradiquer le Hamas était résolu ». Les responsables du mouvement islamiste sont déterminés à sacrifier tout le peuple palestinien. Ismaël Haniyeh a en effet affirmé que « la résistance se poursuivait jusqu’au dernier palestinien », et que « le Hamas ne brandira pas les drapeaux blancs ». Comme Khaled Mechaal et Abou Marzouk, Haniyeh compte exploiter les images du « massacre » pour sensibiliser les populations arabes et déstabiliser les régimes qualifiés de comploteurs. Mais il a oublié que ces peuples sont de plus en plus informés, et que le Hamas a du mal à les berner une nouvelle fois. Les images des raids israéliens parlent d’elles-mêmes [cliquez ici pour en voir un extrait].

En effet, les 229 morts tombés au cours des raids de ce samedi, et de la nuit de samedi à dimanche, sont dans leur majorité des membres du Hamas, comme le démontre la vidéo. Mais Abou Marzouk continue d’affirmer qu’il s’agit de civils, estimant que les membres des forces de l’ordre et les policiers tués dans les permanences sont des fonctionnaires, donc des civils ! Abou Marzouk précise qu’aucun membre des brigades Ezzeddine Al-Qassam n’a été touché, faisant ainsi la part entre la police, aux ordres du Hamas, le Hamas en tant que mouvement politique, donc pacifistes, et son bras armé.

Ghassan Al-Khatib, enseignant universitaire à Bir Zeit, est intraitable dans son commentaire : « le Hamas veut utiliser l’escalade pour régler ses comptes avec Ramallah, avec le Caire et avec Riyad ». Al-Khatib explique que « le Hamas accuse à tour de rôle l’Autorité palestinienne, l’Egypte et l’Arabie saoudite de comploter avec Israël contre la résistance ». Ce qui confirme que l’agenda du Hamas lui est dicté par l’Iran, qui est son bailleur de fonds. Téhéran poursuit ainsi son hégémonie dans la région et s’appuie sur le Hamas pour menacer l’Egypte, comme il exploite le Hezbollah pour menacer les monarchies du Golfe. Le Bahreïn vient en effet d’accuser une cellule terroriste démantelée d’avoir suivi des entraînements en Syrie pour commettre des attentats d’envergure à Manama.

L’axe syro-iranien cherche à précipiter la région dans le chaos pour échapper à la pression internationale dans les dossiers nucléaires et dans celui du Tribunal international (Hariri). Damas et Téhéran sont capables de détruire toute la région pour parvenir à leurs objectifs. Prions pour que les Israéliens ne tendent pas la main à Assad pour le renflouer, au nom de la paix. Car Assad est le spécialiste de la guerre et du terrorisme, et ne saurait conclure une paix durable.

Khaled Asmar